Agressivité envers les personnes familières pour Bouly (Haute-Savoie – 74)

Agressivité envers les personnes familières pour Bouly (Haute-Savoie – 74)

Le maître de Bouly m’a contactée parce que le chien avait mordu le petit dernier de la famille, un enfant de huit ans. Une morsure au visage qui avait nécessité des points de suture. Le dresseur éducateur qui suivait le chien depuis qu'il était chiot, le vétérinaire, et même l’éleveur ont parlé d’euthanasie. Bouly est un molosse de 57 kilos, n’a que 10 mois, le faciès des chiens « classés dangereux » et maintenant une morsure à son actif. Aucun ne veut prendre le risque. En arrivant là-bas, le maître m’accueille extrêmement stressé par la décision qu’il va avoir à prendre. Avoir enfin un chien à lui, c’était un rêve qu’il avait depuis l’enfance et il a attendu de fonder sa propre famille pour y accéder. Aujourd’hui, avec ce pronostic d'euthanasie, tout lui semble remis en question. Dans les yeux de Bouly, je vois beaucoup de stress. Il n’a probablement pas compris ce qui s’est réellement passé mais il sait probablement qu’il est menacé de mort. Nous retraçons ensemble l’historique de Bouly. Rien à dire sur l’éleveur qui s’est bien occupé de lui, et l’a familiarisé avec compétence et attention. Après, il est allé à l’école pour chiot, et là, quand le maître me parle, nous commençons à toucher du doigt où les difficultés ont émergé. Il m’explique comment là-bas, l'éducateur canin lui a appris à retourner le chiot sur le dos, à l’étrangler quand il se rebiffait, quand il grognait pour établie la "hiérarchie" et éviter qu'il ne devienne "dominant"; comment le dresseur éducateur a fait participer les enfants à l’ « éducation » de Bouly , comment ils ont, de nombreuses fois repris l’os dans sa gueule, avec toujours une punition si le jeune chien menaçait... Bouly a grandi et les cours restaient difficiles pour lui et son maître. Je demande au molosse deux ou trois ordres de base, il n’obéit pas, n’a aucune réaction, juste la pupille qui se dilate, signe évident de stress. L'origine de l'agressivité vient de là : Bouly n’a rien compris, rien appris en 8 mois de dressage. Il ne sait toujours pas ce qu’on attend de lui quand on lui donne des ordres, juste qu’il va être puni. Le jour où le petit garçon veut reprendre quelque chose dans la gueule de Bouly, l’enfant fait ce que le dresseur lui a appris : il le tape, le secoue. Le chien grogne longtemps, menace, montre les crocs, les parents sont dans la maison et n’entendent pas, l’enfant continue et Bouly finit par mordre ! J’explique aux maîtres ce qu’il s’est passé, quelles sont les associations que Bouly a mémorisées pour en arriver là. Ils prennent conscience de ce qu’il y a à changer entre les différents membres de la famille et le chien pour ne pas qu’il recommence. Je leur propose un travail basé sur le respect et la confiance. Ils acceptent, changent de vétérinaire, ne revoit plus le dresseur. Pendant plusieurs mois, nous avons analysé ensemble, au cas par cas, les situations à risque afin de les éviter et de gérer au mieux Bouly au quotidien. J’ai sensibilisé les parents à leur responsabilité dans les relations entre leurs 3 enfants et le chien. Nous, les adultes, avons recadré énergiquement l’attitude des enfants envers le molosse en posant certains interdits. Nous avons aussi mis en place certains conditionnements sur le chien. Aujourd’hui, Bouly va bien, ses 3 jeunes maîtres ont progressé vers le respect de leur chien, les parents ont gagné en responsabilité.

Bilan du maître un an après

'"Par une chaude soirée d’été, notre jeune chien, un Molosse âgé de 10 mois à l’époque, attrape un de nos garçons (de 9 ans) au visage. Bilan 2 points de suture pour l’enfant et aussi un énorme problème de conscience ET de confiance envers notre chien (on parlait notamment d’euthanasie). Après de nombreux renseignements pris auprès de professionnels canins, l’éleveur nous conseille de faire appel à un éducateur comportementaliste canin. C’est comme ça que nous avons connu Eléonore Buffet. Après plusieurs heures de dialogue auprès de notre famille (parents, mais aussi les enfants) Eléonore cherche à comprendre pourquoi le chien a « mordu » l’enfant ; qu’est ce qui l’a poussé à répondre de cette façon précise aux multiples sollicitations de l’enfant. Nous passons aussi en revue l’état d’esprit dans lequel nous nous trouvons face à la situation (en l’occurrence notre grand désarroi !), et ce que nous pourrions accepter et faire pour que cela ne se reproduise plus. Eléonore passe ainsi par les origines de notre chien (son pédigree), sa familiarisation chez l’éleveur (en tant que chiot), son arrivée dans notre famille et la façon dont nous l’avons éduqué jusqu’à présent (notamment l’école du chiot + les cours d’éducation canine visant à éviter qu'il ne devienne dominant). En analysant les faits rapportés par l’ensemble de la famille, tout en cherchant à connaître et à comprendre le chien (jouant avec lui, le caressant, lui parlant…), Eléonore Buffet décrypte, de façon objective, ce qui s’est réellement passé ce soir là. La méthode d’éducation basée sur les punitions et la hiérarchie ainsi que la façon systématique d’entrer en contact avec le chien en sont les principales causes ; par exemple, forcer le chien à exécuter un ordre qu’il n’avait pas compris, ou reprendre des objets dans sa gueule, l’ont amené vers un stress permanent et un comportement menaçant. L’enfant, reproduisant ce que nous lui avions enseigné, n’a fait que pousser l’animal dans ses derniers retranchements, non sans l’avoir prévenu par de nombreux grognements avant de passer à l’acte. Après avoir compris et admis la situation, nous avons décidé de changer radicalement la façon d’éduquer notre chien. Eléonore nous a enseigné une nouvelle méthode dite positive, ainsi qu’au chien, et ce sur plusieurs semaines. Celle-ci est basée sur la compréhension des attitudes du chien et le « donnant-donnant » (grâce à la récompense), face à une sollicitation de notre part. Toute situation de stress est proscrite, et les exercices se font naturellement et en douceur. Le chien accepte ainsi facilement les ordres, car la contrainte est remplacée par l’intérêt. Quant aux enfants, ils ont participé à cette nouvelle forme d ‘éducation avec facilité et bonheur, car pour eux (comme pour leur chien du reste) la relation lors des exercices s’apparentait davantage au jeu, et réussir à tour de rôle un exercice à deux (petit maître + chien), est somme toute très valorisant. Cette méthode d’éducation convient particulièrement bien à ce type de chien, car elle reste en phase avec leur caractère non soumis de nature, où douceur et fermeté priment."


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